BERLIOZ : Les Nuits d’été – Harold en Italie
Michael Spyres, ténor. Timothy Ridout, alto. Orchestre philharmonique de Strasbourg, dir. John Nelson
1 CD Erato-Warner 5054 1971 96850
(enregistré et publié en 2022)
L’une des rares versions récentes des Nuits d’été chantées par une voix masculine avec celles de Stéphane Degout en compagnie de François-Xavier Roth (Harmonia mundi), et Ian Bostridge en compagnie de Ludovic Morlot (SSM). Désormais baryténor, Michael Spyres réussit l’exploit de chanter dans les tonalités d’origine (Le Spectre de la rose en si majeur par exemple, Sur les lagunes en fa mineur). Il fait ce qu’il veut de sa voix, qu’il détimbre au début d’Au cimetière pour ensuite jouer de la technique mixte, et retrouver des accents plus éclatants dans L’Île inconnue. Ces Nuits d’été remettent en cause toute la discographie.
Harold en Italie, qui complète ce nouvel enregistrement, surprend moins, mais la direction fluide de John Nelson donne un bel allant à la partition.

BERLIOZ : Les Nuits d’été – La Mort d’Ophélie (+ Liszt, Wagner)
Stéphanie d’Oustrac, mezzo-soprano. Pascal Jourdan, piano
1 CD Harmonia mundi HMM 902621
(enregistré et publié en 2019)
Les Nuits d’été, données ici dans la version originale pour mezzo-soprano et piano (mais Pascal Jourdan ne résiste pas au plaisir de donner l’introduction instrumentale du « Spectre de la rose » ajoutée par Berlioz dans la version avec orchestre), balayent la concurrence, il est vrai assez timide. On se souvient des enregistrements de Janice Taylor (Dorian) et surtout d’Isabelle Vernet (Liria), mais Stéphanie d’Oustrac les surpasse aisément par l’intelligence dramatique qu’elle met dans son interprétation. Et La Mort d’Ophélie n’a rien ici d’une ballade mélancolique mais prend les couleurs d’une déploration vocale passionnée. Stéphanie d’Oustrac fait preuve d’une imagination quasiment scénique qui fait à elle seule le prix de cet enregistrement.

BERLIOZ : Les Nuits d’été – Harold en Italie
Stéphane Degout, baryton. Tabea Zimmermann, alto. Les Siècles, dir. François-Xavier Roth
CD Harmonia mundi HM 902634
(enregistré en 2018, publié en 2019)
Le timbre de Stéphane Degout n’est plus à dire, ni son art de la diction, ni sa sensibilité, comme il l’a montré, pour nous en tenir à Berlioz, dans Les Troyens où il est Chorèbe sous la direction de John Nelson (Erato-Warner). Toutes ces qualités, le chanteur les met au service de ces Nuits d’été qui ne ressemblent à rien d’autre.
La présence de François-Xavier Roth, n’est pas pour rien, évidemment, dans la réussite de cet enregistrement. L’alto sans vibrato de Tabea Zimmermann, dans Harold, est l’un des plus variés, dans ses couleurs et ses intentions, de toute la discographie.
NB : Cet enregistrement vient d’être réédité en 2024 dans un coffret comprenant également la Symphonie fantastique enregistrée en 2019 par Les Siècles et François-Xavier Roth.
