BERLIOZ : Le Spectre de la rose (+ Duparc, Koechlin, Debussy, Ravel, Britten)

Orchestre Victor Hugo, dir. Jean-François Verdier
1 CD Alpha 1019
(enregistré en 2023, publié en 2024)

Dans le cadre de son enregistrement intitulé « Reflet », Sandrine Piau nous comble et nous frustre. Avec une aisance, une clarté dans le timbre, une fraîcheur étonnante dans la voix, Sandrine Piau nous offre un Spectre de la rose d’une élégance qui va de soi. Naturel de la diction, intelligence du texte, intuition du tempo juste, tout est là, Jean-François Verdier ajoutant mille délicatesses dans une prestation orchestrale splendide qui est tout autre chose qu’un accompagnement. Sublime ! Que n’a-t-on proposé à Sandrine Piau d’enregistrer l’intégralité des Nuits d’été !!! Dans cet album, les liaisons, la différence entre les « é » et les « è », tout est mis au service du chant, et c’est avec ravissement que l’on goûte la manière dont les détails s’inscrivent sans la moindre affectation dans le mouvement général de chaque mélodie.

BERLIOZ : La Damnation de Faust

John Irvin (Faust) – Christopher Purves (Méphistophélès) – Karen Cargill (Marguerite) – Jonathan Lemalu (Brander). London Philharmonic Choir, Members of the London Symphony Chorus, London Youth Choirs, London Philharmonic Orchestra, dir. Edward Gardner

2 CD LPO 0128
(enregistré sur le vif en 2023, publié en 2024)

Trois chanteurs sans style, une direction pataude, une prise de son cotonneuse. À éviter.

BERLIOZ : Les Nuits d’été – Harold en Italie

Michael Spyres, ténor. Timothy Ridout, alto. Orchestre philharmonique de Strasbourg, dir. John Nelson

1 CD Erato-Warner 5054 1971 96850
(enregistré et publié en 2022)

L’une des rares versions récentes des Nuits d’été chantées par une voix masculine avec celles de Stéphane Degout en compagnie de François-Xavier Roth (Harmonia mundi), et Ian Bostridge en compagnie de Ludovic Morlot (SSM). Désormais baryténor, Michael Spyres réussit l’exploit de chanter dans les tonalités d’origine (Le Spectre de la rose en si majeur par exemple, Sur les lagunes en fa mineur). Il fait ce qu’il veut de sa voix, qu’il détimbre au début d’Au cimetière pour ensuite jouer de la technique mixte, et retrouver des accents plus éclatants dans L’Île inconnue. Ces Nuits d’été remettent en cause toute la discographie.

Harold en Italie, qui complète ce nouvel enregistrement, surprend moins, mais la direction fluide de John Nelson donne un bel allant à la partition.

BERLIOZ : Les Nuits d’été – La Mort d’Ophélie (+ Liszt, Wagner)

Stéphanie d’Oustrac, mezzo-soprano. Pascal Jourdan, piano
1 CD Harmonia mundi HMM 902621
(enregistré et publié en 2019)

Les Nuits d’été, données ici dans la version originale pour mezzo-soprano et piano (mais Pascal Jourdan ne résiste pas au plaisir de donner l’introduction instrumentale du « Spectre de la rose » ajoutée par Berlioz dans la version avec orchestre), balayent la concurrence, il est vrai assez timide. On se souvient des enregistrements de Janice Taylor (Dorian) et surtout d’Isabelle Vernet (Liria), mais Stéphanie d’Oustrac les surpasse aisément par l’intelligence dramatique qu’elle met dans son interprétation. Et La Mort d’Ophélie n’a rien ici d’une ballade mélancolique mais prend les couleurs d’une déploration vocale passionnée. Stéphanie d’Oustrac fait preuve d’une imagination quasiment scénique qui fait à elle seule le prix de cet enregistrement.

BERLIOZ : Les Nuits d’été – Harold en Italie

Stéphane Degout, baryton. Tabea Zimmermann, alto. Les Siècles, dir. François-Xavier Roth

CD Harmonia mundi HM 902634
(enregistré en 2018, publié en 2019)

Le timbre de Stéphane Degout n’est plus à dire, ni son art de la diction, ni sa sensibilité, comme il l’a montré, pour nous en tenir à Berlioz, dans Les Troyens où il est Chorèbe sous la direction de John Nelson (Erato-Warner). Toutes ces qualités, le chanteur les met au service de ces Nuits d’été qui ne ressemblent à rien d’autre.
La présence de François-Xavier Roth, n’est pas pour rien, évidemment, dans la réussite de cet enregistrement. L’alto sans vibrato de Tabea Zimmermann, dans Harold, est l’un des plus variés, dans ses couleurs et ses intentions, de toute la discographie.
NB : Cet enregistrement vient d’être réédité en 2024 dans un coffret comprenant également la Symphonie fantastique enregistrée en 2019 par Les Siècles et François-Xavier Roth.

BERLIOZ : Les Nuits d’été (+ Ravel, Saint-Saëns)

Marie-Nicole Lemieux, mezzo-soprano. Orchestre philharmonique de Monte-Carlo, dir. Kazuki Yamada

1 CD Erato-Warner 5054 1976 59409
(enregistré en 2023, publié en 2023)

Plus que dans son enregistrement avec le pianiste Daniel Blumenthal (Cyprès, 2000), Marie-Nicole Lemieux aborde Les Nuits d’été comme une suite d’airs où les mots disent le drame autant que la musique. Pour succomber à une comparaison facile, Régine Crespin, il y a soixante ans, se contentait de chanter, magnifiquement certes, mais avec quelque chose d’impassible qui est loin des intentions de Marie-Nicole Lemieux.

On est en revanche un peu frustré par la prestation de l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo, que Kazuki Yamada dirige sans y glisser le mystère qu’on attendrait. La timidité du chef réduit ici l’orchestre, si délicat mais si suggestif, à une trame décolorée.

BERLIOZ : Roméo et Juliette – Cléopâtre

Joyce DiDonato, mezzo-soprano ; Cyrille Dubois, ténor ; Christopher Maltman, baryton. Chœur de l’Opéra national du Rhin, Chœur Gulbenkian, Orchestre philharmonique de Strasbourg, dir. John Nelson

2 CD Erato-Warner 5419748138
(enregistré en 2022, publié en 2023)

Avec la fidèle complicité de Joyce DiDonato (déjà héroïne des Troyens et de la Damnation), Nelson ajoute une pièce à son vaste cycle Berlioz. Du lyrisme, de la chaleur, des couleurs, de la fluidité, le tout avec l’humeur sereine de celui qui arrive à l’âge de l’accomplissement.

BERLIOZ : Herminie – Les Nuits d’été – Cléopâtre

Barbara Hendricks, soprano. Pori Sinfonietta, dir. Jan Söderblom

1 CD Arte Verum ARV-016
(enregistré en 2016, publié en 2023)

Ce disque arrive trop tard. Un orchestre, aussi présent soit-il, peut difficilement sauver une voix qui a perdu sa capacité de miroiter.