Prélude

La ville de La Côte-Saint-André n’a pas attendu longtemps pour honorer la mémoire du plus illustre de ses fils : le 21 juin 1885, à l’initiative de la Société philharmonique de la ville, une plaque apposée sur sa maison natale attestait l’admiration et la fierté de ses compatriotes tandis qu’une statue en bronze, œuvre de Lenoir, était érigée en 1887 sur l’esplanade de la ville, réplique de la statue inaugurée à Paris, place Vintimille, l’année précédente.

« L’art est grand, le sentiment infini, l’intelligence bornée, manuscrit, s. d., © Musée Hector-Berlioz. »

1903
À l’occasion du premier centenaire de la naissance de Berlioz, un comité côtois se crée à l’initiative de Jean Celle afin de réunir tous les souvenirs, partitions et autographes de Berlioz et de créer un petit musée qui voit le jour en 1905, un an après la naissance d’une première « association Berlioz ».

1931
Le 25 avril 1931, à l’hôtel de ville de La Côte-Saint-André, se constitue
un comité Berlioz dont le but est de créer une « Association des amis de
Berlioz ». Elle est fondée le 1er juin 1931. Son but : « conserver
au culte de la Musique et des Arts la maison natale du Maître ». Elle comprend huit membres. Le président est Joseph Charbonnel, pharmacien, petit-fils du camarade d’études de Berlioz à Paris. Une antenne parisienne est également mise sur pied.

1932
L’incroyable survient : une généreuse Parisienne, Mme Célina Dumien, héritière d’un frère richissime, offre le montant du prix de la maison natale à la jeune association.

1935
Le premier musée Berlioz est inauguré à La Côte-Saint-André par le maire de Lyon, Édouard Herriot, le 7 juillet 1935. On joua cette année-là La Damnation de Faust, sous la direction de Jean Witkovski, avec Ninon Vallin, Frédéric Anspach et Charles Panzéra.
Pendant trente ans, les « Amis de Berlioz », malgré leur dénuement financier, n’épargnèrent pas leur peine pour maintenir vivante la mémoire du compositeur et d’abord en entretenant l’imposante maison natale.

1962
Sous l’impulsion d’admirateurs de Paris qui avaient compris que, pour se faire connaître, l’association devait sortir de son cadre spécifiquement côtois, les « Amis de Berlioz » donnèrent naissance à l’Association nationale Hector Berlioz dont Thérèse Husson fut secrétaire générale jusqu’en 2005 (c’est à elle, notamment, qu’on doit l’édition de la Correspondance générale).

Son premier soin est la promotion d’une manifestation de grande envergure : l’exécution, dans sa version intégrale du Te Deum en la cathédrale Notre-Dame de Paris le 28 mai 1963 devant 7 500 auditeurs. L’impact fut immense, car cette manifestation était relayée par la radio et la télévision, alors que Berlioz connaissait, en France, une véritable traversée du désert.
L’année suivante paraissait le premier Bulletin de liaison de l’AnHB, destiné aux adhérents qui commençaient à la rejoindre.

En 1966, l’association obtenait la Reconnaissance d’utilité publique, en hommage à son action pour le maintien et l’enrichissement du patrimoine artistique national.

1969
Le poids de plus en plus lourd de l’entretien du musée Berlioz, maison qui comptait deux siècles et demi d’âge, décida le président en exercice, M. Jean Boyer, député de l’Isère, à céder le musée Berlioz au Conseil général de l’Isère qui accepta et entreprit une restauration urgente et complète de la maison natale, devenue musée départemental.

En 1969, pour le premier centenaire de la mort de Berlioz, l’édifice avait retrouvé tout son éclat.

L’AnHB devait conserver la gestion du musée jusqu’en 1995.

Légende illustrations et photographies

« L’art est grand, le sentiment infini, l’intelligence bornée » manuscrit, s. d., © Musée Hector-Berlioz
Huile sur toile, © Musée Hector-Berlioz
Maison natale d’Hector Berlioz, La Côte-Saint-André


L’AnHB en action

Depuis longtemps, l’association nourrissait une grande ambition : la réalisation d’une nouvelle édition critique de l’œuvre musicale et littéraire de Berlioz, cette dernière pratiquement introuvable. Dès 1965, l’AnHB prenait les premiers contacts pour la mise en route de l’édition musicale lorsqu’un comité britannique lui fit savoir qu’il assumerait ce travail, soutenu par la Fondation Calouste Gulbenkian. En plein accord avec le comité britannique, il fut convenu que l’AnHB se chargerait de l’édition critique de l’œuvre littéraire de Berlioz : cette double entreprise aboutirait à une édition monumentale de référence.


Édition littéraire : chronologie de la parution

1968
Les Soirées de l’orchestre
1969
Les Grotesques de la musique
1971
À travers chants
Trois volumes annotés par Léon Guichard.
Gründ, réimpression 1998.

1972 – 2003
Hector Berlioz, Correspondance générale, 8 volumes.
Sous la direction de Pierre Citron.
Flammarion.

1996 – 2020
Hector Berlioz, Critique musicale (1823-1863), 10 volumes.
Éditeurs : H. Robert Cohen, Yves Gérard, Anne Bongrain, Marie-Hélène Coudroy-Saghaï.
Buchet-Chastel, puis Société française de musicologie.


De la musique avant toute chose

Servir Berlioz, c’est aussi, et surtout, faire entendre sa musique. En 1975, le président en exercice, Aimé Suzet-Charbonnel, et M. Jean Boyer, député, chargeaient Serge Baudo de créer un Festival Berlioz et d’en assurer la direction artistique. En septembre 1979, le premier Festival Berlioz (Lyon-La Côte-Saint-André) voyait le jour et, pendant dix ans, s’affirma comme un événement musical de taille internationale.

Une malencontreuse décision de la municipalité lyonnaise mit fin à son existence en 1989.
Révolte, désarroi, sursaut !

C’est à Jean Boyer, président de l’AnHB à cette époque, que nous devons le nouveau départ du Festival Berlioz, à La Côte-Saint-André cette fois. Après cinq ans de luttes menées avec persévérance, Jean Boyer pouvait, en 1994 annoncer la résurgence du Festival Berlioz dans la ville natale du compositeur.

L’Association nationale Hector Berlioz est présidée, depuis 2005, par Gérard Condé.

Les présidents successifs de l’AnHB :

– Joseph Charbonnel, de 1931 au 5 mai 1955
– Lucien Hussel, du 16 octobre 1955 au 27 mars 1967
– Jean Boyer, du 25 novembre 1967 au 6 décembre 1969
– Aimé Suzet-Charbonnel, du 6 décembre 1969 au 8 juillet 1981
– Jean Boyer, du 19 septembre 1981 à janvier 1996
– Alain Rousselon, du 20 janvier 1996 au 29 novembre 2003
– Gérard Condé, depuis le 3 décembre 2005