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VIE
DE L'ASSOCIATION |
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À DÉCOUVRIR : nouvel enregistrement de la
Grande Messe des morts (Requiem)
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L'agenda du musée Hector-Berlioz
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BERLIOZ ET SON TEMPS
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Un événement discographique : La Mort d'Abel
de Kreutzer
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VIDÉO : Le Quatuor Cambini répète le Quatuor
n° 2 de Félicien David |
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ÉCHOS
DES CONCERTS ET MANIFESTATIONS |
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BERLIOZ
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Les Nuits d'été à Lyon
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Symphonie fantastique au Québec
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Harold en Italie à Toulouse
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CONCERT EN ÉCOUTE : Symphonie fantastique
(Orchestre de Paris, 9 novembre 2011)
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CONCERT EN ÉCOUTE : Roméo et Juliette,
extraits symphoniques |
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BERLIOZ ET SON TEMPS |
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Metz : Véronique Gens et Les Talens lyriques
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« CAUCHEMARS ET PASSIONS » |
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Monsigny, Le Roi et le Fermier
(en anglais)
NOUVEAU |
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| BIBLIOGRAPHIE
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Le Concours du prix de Rome de musique
(1803-1968)
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Présence du XVIIIe siècle dans l'opéra
du XIXe siècle d'Adam à Massenet
|
Musique symphonique à Lille. La symphonie
dans la cité |
Sommaire du dernier Bulletin de l'Association
|
Au
sommaire du dernier bulletin de la Berlioz Society
|
André Lischke,
La Musique en Russie depuis 1850
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| RECHERCHE |
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| COLLOQUES
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| LES COLLOQUES
DE L'OPÉRA-COMIQUE DE LA SAISON 2011-2012 |
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ACTUALITÉS
DU PALAZZETTO BRU ZANE
Centre
de musique romantique française |
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Le Palazzetto Bru Zane |
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| PATRIMOINE
MUSICAL EN FRANCE |
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Saison 2011-2012 à l'Opéra-Comique
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À
paraître :
Bulletin de liaison n° 46 - janvier 2012
SOMMAIRE :
Le
Mot du Président
Compte
rendu de l'assemblée générale ordinaire
du 23 août 2011
La
prophétie du sacré chez Hector Berlioz
Berlioz,
juré d'assises
À
propos d'une version orchestrée du Chant
des Bretons
Documents
Échos
du Festival Berlioz 2011
Discographie
Compte
rendu discographique
Les
Nuits d'été,
Le Roi de Thulé, Harold en Italie.
Vidéographie
Bibliographie
Comptes
rendus bibliographiques
Berlioz :
textes et contextes
Christophe
Looten, Dans la tête de Richard Wagner :
archéologie d'un génie
Charles
Ofaire, Berns verlorene Kindheit
Colloque
« Le
Serpent sans Sornettes : itinéraires passés
et présents d'un instrument de musique méconnu
»
Divers
Patrimoine
musical en France
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À
DÉCOUVRIR : nouvel enregistrement de la Grande
Messe des morts (Requiem)
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Le
Requiem de Berlioz comme vous ne l'avez jamais entendu
Certains
disques font la révolution. C'est le cas de ce
Requiem dirigé par Paul McCreesh qui par la magie
des mots
Le
Requiem de Berlioz bénéficie d'une
discographie relativement abondante, mais il faut se rendre
à l'évidence : seuls cinq ou six de
ces enregistrements méritent vraiment le détour,
la plupart, curieusement, se caractérisant par
un sentiment de grisaille, de monotonie, d'ennui, avec
des timbales qui marmonnent et des fanfares sonnant comme
des marches militaires ou d'aimables parties de chasse.
Constat étonnant pour une œuvre dont la rumeur
dit qu'elle est fracassante ! Rares sont les versions
qui donnent l'impression que le chef, comme le recommandait
Berlioz lui-même, sente avec le compositeur. Rares
également sont celles qui allient le théâtre
et la ferveur, la délicatesse et la fièvre,
l'angoisse et la consolation, en un mot : qui transportent.
Et
voici qu'arrive un tout nouvel enregistrement, effectué
sur le vif en septembre 2010 à l'église
Marie-Madeleine de Wroclaw (Pologne), par l'un de ceux
qu'on attendait : Paul McCreesh. Car c'est bien les
chefs issus de l'univers qu'on appelle baroque qui peuvent
nous donner le plus et le mieux, désormais, quand
il s'agit de Berlioz. Gardiner et Norrington hier, Marc
Minkowski aujourd'hui nous l'ont montré.
On
est ici aux antipodes de la routine, le chef ayant par
ailleurs réuni des forces musicales a priori hétéroclites
mais portées par le même engagement, comme
c'est toujours le cas lorsqu'on rassemble de jeunes interprètes
pour une occasion exceptionnelle : les Gabrieli Consort
& Players, familiers de Purcell et de Monteverdi,
le Chœur et l'Orchestre philharmonique de Wroclaw, l'ensemble
de cuivres de l'École de musique de Chetham, qui
joue sur instruments historiques. La prise de son brouille
parfois les détails, notamment dans les cordes
(celle de l'enregistrement Norrington, chez Hänsler,
permettait de goûter l'usage particulier que fait
le ce chef du vibrato), mais on imagine tout à
fait qu'elle fut l'intensité de ces moments pour
ceux qui étaient présents dans la cathédrale.
Tempos retenus mais maîtrisés (sauf dans
le « Quaerens me », étonnamment
rapide), sens du relief, couleur particulière des
timbales françaises du XIXe siècle, sauvagerie
des moments dramatiques (ah, la danse des morts dessinée
par la perspective lointaine de la grosse caisse à
la toute fin du « Lacrymosa » !),
étrangeté de certaines phrases (l'introduction
archaïque et rugueuse du « Dies irae »),
tout concourt à l'émerveillement. Avec un
« Hosannah » pris dans une lenteur
bienheureuse (et préparé par la voix de
ténor idéalement planante de Robert Murray,
situé dans les hauteurs de la cathédrale),
qui renouvelle entièrement le « Sanctus ».
Mais
ce n'est pas tout : cette Grande Messe des morts
innove par ailleurs car il s'agit de la première
qui utilise la prononciation du latin telle qu'elle était
pratiquée en France à l'époque de
Berlioz. Prononciation qui a perduré jusqu'à
ce que l'usage de cette langue disparaisse dans les églises.
Entendre « Tuba mirome » et non
pas « Touba miroume », « Quid
somme miser » et non pas « Quouid
soum miser », « Judicantus »
et non pas « Youdicantous », « Jésu »
et non pas « Yésou », etc.,
donne une tout autre couleur à l'ensemble et renouvelle
entièrement notre écoute, au point que le
« Quid sum miser » sonnerait presque
à la manière d'un moment de chant grégorien !
Où il est prouvé, s'il le fallait encore,
que les paroles et la manière de les aborder constituent
un élément essentiel dans l'image sonore
d'une œuvre musicale.
Comme
le dit un commentateur anglais, « Now, Paul,
how about a Troyens… ».
Christian
Wasselin
webthea
Berlioz,
Grande Messe des morts, dir. Paul McCreesh.
2 CD NFM. A noter qu'il s'agit là du premier
enregistrement de la série NFM créée
par Paul McCreesh.
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L'agenda
du musée Hector-Berlioz
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Un
événement discographique : La Mort d'Abel
de Kreutzer |
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KREUTZER :
La Mort d'Abel
Katia
Vellétaz (Méala)
Jennifer
Borghi (Ève)
Sébastien
Droy (Abel)
Jean-Sébastien
Bou (Caïn)
Pierre-Yves
Pruvot (Adam)
Yumiko
Tanimura (Tirsa)
Alain
Buet (Anamalech)
Chœur
de chambre de Namur
Les
Agrémens
Guy
van Waas, direction
Enregistré
à la Salle
philharmonique de Liège,
en novembre 2010
À
paraître chez Ricercar en octobre 2011
ÉCOUTER
UN EXTRAIT DE RÉPÉTITION :
http://www.facebook.com/video/video.php?v=119134954816864
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VIDÉO :
Le Quatuor Cambini répète le Quatuor
n° 2 de Félicien David
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ÉCHOS
DES CONCERTS ET MANIFESTATIONS |
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Lyon,
Auditorium, le 21 janvier 2012. Berlioz, Koechlin, Satie,
Honegger. O.N.L. dir. Ilan Volkov, avec Nathalie Stutzmann,
contralto

«
Voyage en Fantaisie », sous-titre le programme du
concert ONL conduit par Ilan Volkov. En effet, excellent
tour d'horizon avec humour obligé pour partitions
du premier XXe. La plus surprenante, ces Bandar-Log
d'un Koechlin en pleine créativité
ironique. La plus amusante, avec effets « surréalistes
», le Parade satiste. La plus motorique,
Trois Mouvements symphoniques où Honegger
ausculte d'abord sa Pacific 231 et le jeu de
Rugby. Mais on ne saurait oublier des Nuits
d'été poétiquement berlioziennes,
dans l'interprétation très émouvante
de Nathalie Stutzmann.
Le
clavier de la machine à écrire
« Des canons sous des fleurs », disait Schumann
admiratif mais un peu effrayé par Chopin. Et un
pistolet dans l'orchestre ? Aux temps d'André Breton,
on pouvait lire que l'acte surréaliste le plus
simple était de descendre dans l'orchestre – pardon,
dans la rue ! – avec un pistolet et de tirer au hasard
sur la foule. Et vous en connaissez beaucoup d'œuvres
symphoniques avec percussionnistes tirant plusieurs coups
de pistolet ou jouant du clavier de… machine à
écrire ? Même si le simulacre satiste conseille
de s'en tenir dans Parade à un genre
flingue à bouchons et si l'Underwood O.N.L. 2012
n'est pas un modèle archéologiquement contrôlé,
attraction garantie au cœur du concert d'Auditorium le
21 janvier ! Public intrigué, instrumentistes amusés
par leurs farces de… collégiens, ce n'est pas tous
les jours fête décontractée dans l'orchestre
symphonique du XXe. Qu'on y a joute une bande de singes
déchaînés se défoulant sur
scène (Les Bandar-Log de Koechlin), et
une locomotive à vapeur crevant l'écran
pour se ruer dans la salle (Honegger, Pacific 231),
il y a des soirs où l'Orchestre a plaisante «
gueule d'atmosphère »…
Les
Bandar-Log
en folie
Tel était donc l'original programme d'un Orchestre
national de Lyon conduit avec panache, précision
et entrain par Ilan Volkov, qui en bon généraliste
XIXe et XXe semble tout de même en affinités
particulières avec des œuvres dynamiques et toniques,
voire à plusieurs degrés de lecture. La
partition la plus « neuve » - en tout cas
rarement jouée – de ce triple « premier XXe
», c'est le Scherzo des singes, ou Bandar-Log,
de Charles Koechlin. Un compositeur lui-même fort
original dans une époque française plus
avare de reconnaissance et d'admiration envers lui que
vers un collectif de hasard comme le Groupe des six –
ou du moins ses trois mousquetaires les plus en avant,
Honegger, Poulenc et Milhaud. Le regard « animalier
» de Koechlin sur le Groupe… des Bandar-Log est
évidemment coloré d'ironie, la piaillante
troupe représentant les écrivants et critiques
de la musique, tendance Philistins visés par Schumann
et ses amis ou Beckmesser contre Hans Sachs. Dans le déroulement
du scherzo défileront donc des parodies plutôt
féroces de ce qu'il ne faut pas faire en composition,
en particulier une fugue sur « le bon tabac »
qui met en joie les contrebasses. Mais le meilleur est
sans doute dans l'évocation – cette fois très
wagnériens «murmures de la forêt »,
voire poésie bartokienne de la nature close sur
elle-même –, initiale et terminale, du monde végétal
où il arrive aux Bandar-Log de goûter un
repos mérité. Le foisonnement de l'énigme
dépasse un paysagisme d'habile évocation
pour atteindre un mystère troublant.
Ah
! sans amour s'en aller sur la mer…
Avec le solisme vocal des Nuits d'été,
total changement à vue et audition. Berlioz y est
le magicien orchestral que tout le monde révère,
et on y passe en ruptures de ton du « primesaut
» (comme le dit Marcel Marnat) d'une Villanelle
à la « solitude terrifiée de
l'artiste » dans Le Spectre de la rose
et « à l'éthéré et au
passionné » de Cimetière …
Et c'est pour les quatre mélodies du « milieu
» que la voix « baissée, en contralto
» et surtout intériorisée, de Nathalie
Stutzmann, conduit à la plus belle émotion.
Sans l'éloquence parfois brandie par des cantatrices
certes éprises de Berlioz mais qui succombent au
déploiement (et dépliement) vocal, N. Stutzmann
va au plus profond du déchirement funèbre,
qui « redescend » du cri « ah ! sans
amour… » vers « s'en aller sur la mer »
et « que mon sort est amer ! » Avec elle,
et un orchestre subjugué, l'immobilisation terminale
en murmure de la 3e mélodie est un des moments
les plus bouleversants qui puisse traduire la géniale
invocation de Berlioz. La simplicité cordiale de
comportement et la diction poétique de la contralto
ajoutent évidemment à cette façon
de « rentrer en Berlioz »…
La
locomotive et le XV de France
Il faut bien le temps d'un entracte pour transiter vers
les gamineries inspirées de Satie, d'ailleurs moins
superficiellement iconoclastes que ne le ferait croire
leur réputation – nous retournons en 1917, et faire
ainsi s'amuser le public ou les musiciens possède
une charge audacieuse qu'aujourd'hui nous évaluons
difficilement -, sans oublier que Parade est
aussi une musique de ballet, donc que cela donne à
imaginer les mouvements du corps-chorégraphique
dans l'espace et le cerveau. D'ailleurs les plaisanteries
de Satie donnent à réfléchir sur
la qualité de compositeur qu'il se reconnaît
: « Tout le monde vous dira que je ne suis pas un
musicien. C'est juste. Dès le début de ma
carrière, je me suis de suite classé parmi
les phonométrographes. Le phénomètre
à la main, je travaille joyeusement et sûrement.
Que n'ai-je pesé ou mesuré ? Tout de Beethoven
et de Verdi, etc. C'est très curieux… ».
Quoi qu'il en soit de votre jugement à vous, après
audition de Parade, vous aurez remarqué
combien l'O.N.L. s'y montre au mieux d'une forme olympique,
notamment du côté des percussions et des
cuivres dans cette 2nde partie du concert. Car Ilan Volkov
conduit ensuite avec même ardeur et précision
de belle qualité le triptyque plus attendu d'un
Honegger en autoportrait de « bête humaine
», rugbyman et puis…quoi ? L e moins intéressant
n'y est pas ce Mouvement symphonique n° 3
échappant au titre sinon à ce que Daudet
eût nommé « doubles muscles symphoniques
», et sur lequel nous sommes priés d'imaginer
pré ou post texte. Supposons donc un trajet en
Pacific 231 qui nous mène vers le XV de France
en représentation, et là, après le
match, projection sur écran géant d'un tableau
abstrait genre Mondrian. ( A quand le fauteuil O.N.L.+
tribune O.L., augmenté d'un billet Musée/M.A.C.
? ). Bon, un peu de surenchère comm en Auditorium,
n'est-ce-pas ?
Dominique
Dubreuil
Classiquenews
31-1-2012
Lyon. Auditorium, le 21 janvier 2012. H. Berlioz (1803-1869),
Les Nuits d'été. Ch. Koechlin (1867-1950),
Les Bandar-Log. E. Satie (1866-1925), Parade.
A. Honegger (1892-1955), Trois Mouvements symphoniques.
Orchestre national de Lyon, direction Ilan Volkov, avec
Nathalie Stutzmann (contralto).
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Symphonie
fantastique au Québec |
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OSE : fantastique concert,
d'une éloquence certaine
L’Orchestre
symphonique de l’Estuaire (OSE) proposait, samedi,
son premier concert de la saison 2012, consacré
à la « France fantastique ». Et ce
le fut.
Cet
orchestre-là a beaucoup de potentiel et l’a
prouvé de belle façon, dans des œuvres
pas toujours faciles, pas faciles, point, mais belles,
et en compagnie d’une soliste de qualité,
la harpiste Annabelle Renzo, pour les Danses sacrées
et profanes de Debussy, pour ensuite faire partie
de l’orchestre, à la Symphonie fantastique
de Berlioz.
Sans
abuser du mot fantastique, il s’applique à
merveille à cette soirée de haut calibre.
On ne peut considérer quelques accords «
moppés » (si peu), pour trop s’en formaliser,
mais constater que ces musiciens ont donné une
brillante idée de leur habileté musicale
et de leur souci de perfection et de justesse du ton.
Parce
qu’aucune de ces œuvres n’a de partitions
faciles, alors que les sections de l’orchestre,
des cordes aux percussions, des bois aux vents, ont supporté
chacune des propositions avec le respect et la forme qui
s’imposent.
Ce
fut le cas, en première partie, avec trois pièces
d’une douceur et d’une tonalité que
je qualifierai de « reposantes », de la Pavane
de Fauré au Prélude à l’après-midi
d’un faune de Debussy, sans oublier les Danses
sacrées et profanes du même auteur,
avec la soliste. De l’impressionnisme de très
haute tenue, Annabelle Renzo démontrant une assurance
et une délicatesse justifiées, voire élégantes.
Après
l’entracte, c’était le « gros
morceau », avec la Symphonie fantastique
de Berlioz, compositeur qui, comme le mentionnait le chef
Luc Chaput, a créé là une œuvre
imposante de presque une heure, quelques années
seulement après la « Neuvième »
de Beethoven.
Parlant
de Luc Chaput, il était, comme toujours, particulièrement
en forme, ce samedi, expliquant chaque pièce, avec
des détails toujours précis et éclairants
pour les spectateurs. Et son humour est tout aussi juste.
Donc,
l’orchestre a librement pris son envol, c’est
le mot exact, dès le premier mouvement, pour une
apothéose et une interprétation assurée,
joviale, même, toutes les sections ayant de fortes
partitions à livrer. Ce fut fait avec une définitive
précision, les cinq mouvements, aux thèmes
variés et interactifs, demandant des impressions
musicales en accord constant avec la proposition de l’auteur.
Le
cinquième mouvement, en particulier, a permis à
l’OSE de démontrer ce que le chef m’a
déjà confié. « Si on ne travaille
pas des œuvres difficiles, on ne peut avancer, mais
juste faire du surplace. Et ces musiciens là sont
toujours prêts à donner le maximum d’eux-mêmes
et de leur talent. »
Le
directeur artistique de cet orchestre a bien raison et
il connaît son monde. À un point tel qu’il
sait ce dont il est capable. Ce fut le cas, brillamment,
ce 21 janvier, devant une salle assez bien remplie et
qui a réservé une longue ovation en fin
de récital.
Vous
allez peut-être vous dire, en lisant ce commentaire,
que je suis encore et toujours conciliant avec cet ensemble
symphonique. Je ne pense pas. Il y a encore de petites
failles, comme je l’ai écrit plus haut. Mais
c’est par ces erreurs ou ses efforts qu’on
apprend ou se fait plaisir. Luc Chaput connaît sa
troupe et lui demande ce qu’elle peut faire, haut
et fort. La réponse est éloquente.
C’est
ce qui s’est passé samedi, avec des musiciens
visiblement satisfaits et des spectateurs tout autant
heureux, ravis même.
Le Dies
irae du cinquième mouvement de la symphonie
ne marque pas, dans ce cas-ci, la fin d’un moment,
mais plutôt la poursuite de cette belle aventure
qu’est celle de l’OSE et de son fidèle
public.
«
Fantastique », je vous dis.
Laurent
Leblond
L’Avantage
21-1-2012
Rimouski.
Salle
Desjardins-Telus.
21 janvier 2012. Claude Debussy : Danses
sacrées et profanes.
Gabriel Fauré : Pavane.
Claude Debussy : Prélude
à l'après-midi d'un faune.
Hector Berlioz : Symphonie fantastique.
Annabelle
Renzo, harpe.
Orchestre
symphonique de l'Estuaire.
Direction : Luc
Chaput.
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Harold
en Italie
à Toulouse
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Toulouse.
Halle-aux-Grains. 13 janvier 2012. Massenet, Bizet, Berlioz.
Antoine Tamestit, alto. Orchestre national du Capitole
de Toulouse. Direction : Tugan Sokhiev.

Tugan
Sokhiev est un chef qui sait respecter
son public et aime son orchestre et son public. Et ce
public a été heureux du programme d'un concert
« tout français » et l'a
prouvé par une salle pleine et des applaudissements
nourris. Il est fondamental pour l'Orchestre national
du Capitole de cultiver ses racines. Car ne l'oublions
pas, la discographie laissée par Michel Plasson
à sa tête et récemment rééditée
en coffret chez EMI, ainsi que les nombreux concerts de
musique française de par le monde depuis des décennies
prouvent combien cet orchestre a tout ce qui en fait un
orchestre français dans les meilleures qualités
de couleurs et de fraîcheur.
Beau programme de musique française
Ainsi ce soir a été un hommage au travail
de longue date initié par Michel Plasson et une
proposition d'œuvres rares au public toulousain,
pour un deuxième concert en direct après
un programme russo-germanique de haut vol. Mais c'est
un peu au détriment de la gloire du chef, qui ne
brille pas à son zénith dans un répertoire
dont il ne maîtrise pas encore tous les enjeux.
Mais c'est aussi cela le travail d'équipe, ne pas
tirer la couverture à soi et permettre aux autres
de s'exprimer et de les aider à briller. C'est
un peu ce qui a eu lieu ce soir avec un chef généreux,
prenant des risques. Déjà avec ce placement
qui met les contrebasses au fond à gauche l'impact
du soubassement grave est différent mais là
ce sont même les timbres qui ont été
comme rendus plus irréguliers avec des cordes pas
toujours lisses (et même très agressives
dans le final de Harold), des cuivres abruptes
se laissant aller à tuber certains sons, même
les cors ont eu un coté rustique. Un orchestre
plein de romantisme sonore, en somme, évocateur
de celui de Berlioz en 1834.
De la Suite de Massenet, rien de vraiment inoubliable
ne restera avec ce merveilleux de commande aux effets
faciles. L'orchestre rutile et caracole et la vivacité
l'emporte. La direction est amusée et distribue
les cartes afin de construire un kaléidoscope à
la fois pompier et irrésistiblement kitsch. Un
hors d'œuvre riche en épices.
La
symphonie de Bizet,
unique et datant de sa fin de formation (il avait 17 ans !),
garde un charme tout particulier tant la vivacité
et la lumière en sont claires. Tugan Sokhiev accentue
les tempi. Le premier mouvement est comme sage et sûr
de lui, développant courbes et nuances à
l'envie. Les pizzicati sont légers, les bois souplement
articulés et les couleurs sont constamment tendres.
Le rythme rebondit et avance sans arrêt intempestif
; même les appels des cors sont porteurs de mouvements
allants. C'est le deuxième mouvement, au tempo
étiré, qui offre la plage de rêverie
attendue, bouleversante à un niveau bien plus haut
que celui de la convention. Le hautbois est hallucinant
de longueur de souffle et de poésie. Les autres
mouvements passent agréablement sans toutefois
atteindre un tel moment d'émotion. La rapidité
du final sert la virtuosité de l'orchestre au détriment
de la précision des détails. Mais l'humour
et la tendresse sont bien présents dans la direction
de Tugan Sokhiev et cette version de la symphonie de Bizet
permet d'en découvrir des beautés encore
ignorées.
Harold
en Italie
débute avec le premier mouvement évoquant
Lord Byron en de sombres Abymes et ses cimes étincelantes.
Antoine
Tamestit
est un altiste de grande sensibilité, à
la musicalité délicate et passionnée.
Son engagement physique dans cette partition bien plus
subtile que virtuose est un régal. Les nuances
sont adroitement amenées (la seconde exposition
du thème semble un songe) et tout l'univers romantique
se déploie sous ses envolées lyriques. Les
sonorités fauves et chaudes de l'altiste sont un
enchantement. Le deuxième mouvement est un peu
trop sage et comme privé d'émotion, la marche
de pèlerins manque ainsi un peu d'intériorité.
La sérénade fait penser à quelque
fête paysanne avec des sonorités et des phrasés
un peu prosaïques du plus bel effet. Le final est
tonitruant avec des brigands inquiétants et violents,
une vraie orgie de monstres furieux ! Tugan Sokhiev
se révèle grand coloriste. L'énergie
ne manque jamais dans cette pièce au romantisme
échevelé, mais une forme de poésie
est parfois oubliée à l'orchestre, alors
qu'Antoine Tamestit est engagé dans une interprétation
sensible et musicalement pleine de subtilités,
toujours à l'écoute d'un orchestre dont
il semble admirer les sonorités richement variées.
Fête est faite à Antoine Tamestit, un altiste
si doué, qui dans un bis admirable de sonorité
pleine et de phrasés subtils séduit un public
enthousiaste autant que ses collègues de l'orchestre.
Une soirée festive toute à l'honneur de
la musique française en sa variété
et sa richesse, même si ce n'est pas le répertoire
le plus à même de mettre en valeur toutes
les qualités de Tugan Sokhiev.
Hubert
Stoecklin
classiquenews
19-1-2012
Toulouse. Halle-aux-Grains. 13 janvier 2012. Jules Massenet
(1842-1912) : Suite n° 6 pour orchestre, Scènes
de féerie. Georges Bizet (1838-1875) : Symphonie
en ut. Hector Berlioz (1803-1869). Harold en Italie, symphonie
avec alto obligé, op. 16. Antoine Tamestit, alto.
Orchestre national du Capitole de Toulouse. Direction :
Tugan Sokhiev.
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CONCERT
EN ÉCOUTE : Symphonie fantastique (Orchestre
de Paris, 9 novembre 2011)
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CONCERT
EN ÉCOUTE : Roméo et Juliette,
extraits symphoniques
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Orchestre
philharmonique de Radio France
Dir.
Myung-Whun Chung
Concert
enregistré salle Pleyel le 7 octobre 2011
ÉCOUTER
:
http://liveweb.arte.tv/fr/video/Orchestre_Philharmonique_Radio_France_Rossini_Berlioz_Mendelssohn/
Concert
transalpin
Paris
Salle Pleyel
7-10-2011
Hector Berlioz : Roméo et Juliette,
symphonie dramatique opus 17 (extraits)
Felix Mendelssohn : Symphonie n° 4 «Italienne»
en la majeur opus 90
Gioacchino Rossini : Guillaume Tell: Ouverture
Orchestre philharmonique de Radio France, Myung-Whun Chung
(direction)

M.-W. Chung
Etrange concert a priori que celui de ce soir
qui se conclut par... une ouverture! Etrange, certes,
mais finalement ô combien convaincant en raison
d'une thématique évidente, un hommage à
l'Italie et aux relations entre la Péninsule et
l'Hexagone, et d'un orchestre magnifique qui, à
l'instar du National ou de l'Orchestre de Paris, témoigne
d'une superbe rentrée musicale de la part des grands
orchestres de la capitale.
La «symphonie dramatique» Roméo
et Juliette, créée à Paris en
novembre 1839 sous la direction de Berlioz lui-même
(1803-1869), n'est peut-être par l'œuvre musicale
la plus connue qui ait été composée
en hommage à la tragédie véronaise
de Shakespeare. On pense bien davantage à Prokofiev,
Gounod ou même Tchaïkovski. Pourtant, au cours
des dernières années, le public parisien
a déjà eu l'occasion d'entendre l'œuvre
de Berlioz, que ce soit en version chorégraphiée
sous la baguette de Valery Gergiev (en octobre 2007) ou
en version de concert, sous celle de Sir Colin Davis (un
an plus tôt, en octobre 2006). Il arrive également
que ce ne soient que quelques extraits orchestraux, comme
ce soir, qui sont donnés en lieu et place de l'intégrale:
certains se souviennent peut-être du concert donné
au Théâtre des Champs-Elysées par
John Eliot Gardiner le 18 octobre 2001 à la tête
de l'Orchestre symphonique de Londres ou, plus récemment,
de celui dirigé par Seiji Ozawa à la tête
de l'Orchestre national de France.
Ce sont d'ailleurs en partie les mêmes que ceux
alors choisis par le chef nippon que Myung-Whun Chung
a sélectionnés. «Roméo seul.
Tristesse. Bruits lointains de concert et de bal. Grande
fête chez Capulet» fait immédiatement
naître ces caractères propres à la
musique de Berlioz où la rêverie et les couleurs
pastel s'imposent à l'oreille, servies par un orchestre
qui séduit par sa clarté (superbe pupitre
de violons, en outre doté d'une ampleur impressionnante)
et l'aisance de ses divers solistes. Les timbales et le
tambourin dansent comme il faut, la petite harmonie éclate
de joie: le public est véritablement
à la fête! Tout autre est la douce atmosphère
de la «Scène d'amour» où les
plans sonores se succèdent en lieu et place d'une
mélodie qui servirait de fil conducteur à
ce bel épisode où les bois sont particulièrement
requis, qu'il s'agisse du cor anglais impeccable, comme
toujours, de Stéphane Suchanek, de la flûte
aérienne de Magali Mosnier ou de la clarinette
à la chaleur toute méridionale de Nicolas
Baldeyrou. L'épisode conclusif, peut-être
le plus connu, celui de «La Reine Mab ou la fée
des songes», met cette fois-ci davantage les cordes
à l'honneur où les motifs de la partition
ne sont que prétexte à une course-poursuite,
les cordes étant plus effleurées que véritablement
touchées par les doigts, préfigurant en
plus d'une occasion ce que composera Tchaïkovski
quelques décennies plus tard dans ses ballets.
Plus connues sont les œuvres de la seconde partie du concert,
à commencer par la célèbre Quatrième
Symphonie de Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847).
En germe durant l'hiver 1830-1831 alors qu'il parcourt
la Péninsule mais composée et créée
seulement trois ans plus tard en mai 1833, la Symphonie
«Italienne» est certainement son œuvre
orchestrale la plus connue. Les deux mouvements extrêmes
ont depuis longtemps justifié qu'elle fasse partie
des partitions régulièrement données
par les phalanges symphoniques. Là encore, le Philharmonique
de Radio France fait preuve d'une étourdissante
virtuosité d'autant que Chung adopte un tempo assez
rapide, rendant ses lettres de noblesse au premier mouvement,
qui est justement qualifié d' Allegro vivace.
Bien que la gestique du chef coréen soit parfois
visuellement un peu raide, les musiciens jouent avec beaucoup
de souplesse, adoptant un vrai sens du phrasé qui
s'avère particulièrement brillant dans le
mélancolique Andante con moto. C'est notamment
dans ce deuxième mouvement que les bois de l'orchestre
s'illustrent de nouveau, à commencer par Hélène
Devilleneuve (au hautbois) et sa comparse Magali Mosnier.
Le célèbre Saltarello. Presto
conclut de la plus belle manière (quelle petite
harmonie!) cette œuvre qui emporte l'enthousiasme du public.
Enthousiasme qui redouble avec ce qui pouvait être
considéré comme un bis mais qui faisait
partie intégrante du programme, l'Ouverture de
Guillaume Tell (1829) de Gioacchino Rossini
(1792-1868). Inutile de présenter ici cette pièce
de douze minutes qui, depuis longtemps, fait partie des
pages les plus célèbres du grand répertoire,
contrastant étrangement avec la méconnaissance
de l'opéra dans son intégralité.
Outre les solos attendus de Nadine Pierre au violoncelle
et de Stéphane Suchanek au cor anglais, on ressort
de cette interprétation enthousiasmé par
un Philhar' des très grands soirs et un Myung-Whun
Chung au sommet de sa direction.
Aucun doute: la santé des orchestres parisiens
est excellente en cette rentrée 2012!
Sébastien Gauthier
ConcertoNet
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Metz :
Véronique Gens et Les Talens lyriques
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Metz.
Arsenal. 15-10-2011. Etienne-Nicolas Méhul (1763-1817)
: mélodrame, récit et air d'Ina «
Eh ! Qu'ai-je à craindre ? … Mais que dis-je ?
» extraits de Ariodant, ouverture de Stratonice
; Christoph Willibald Gluck (1714-1787) : récit
et air d'Iphigénie « Non cet affreux devoir
… Je t'implore et je tremble » extraits de Iphigénie
en Tauride ; Antonio Salieri (1750–1825) : ouverture
des Danaïdes ; François-Joseph Gossec
(1734-1829) : récit et air de Médée
« Ah faut-il me venger … Ma rivale triomphe »
extraits de Thésée ; Rodolphe Kreutzer
(1766-1831) : récit et air d'Andromaque «
Ah, ces perfides … Dieux à qui recourir »
extraits de Astyanax ; Giacomo Meyerbeer (1791-1864)
: air de Fidès « Ah mon fils » extrait
du Prophète ; Hector Berlioz (1803-1869)
: entrée des constructeurs, entrée des matelots,
entrée des laboureurs, monologue et air de Didon
« Ah ! Je vais mourir … Adieu, fière cité
» extraits des Troyens : Luigi Cherubini
(1760-1842) : ouverture de Médée
; Giuseppe Verdi (1813-1901) : air d'Elisabeth «
Toi qui sus le néant des grandeurs de ce monde
» extrait de Don Carlos. Avec : Véronique
Gens, soprano. Les Talens Lyriques, direction : Christophe
Rousset
C'est
à un vaste panorama de l'opéra français
que nous a conviés ce concert, dont le programme
aussi ambitieux qu'original a promené le public
messin à travers près d'un siècle
d'histoire musicale. Avec Iphigénie
en Tauride, le Thésée
de Gossec et l'ouverture des Danaïdes
de Salieri, c'est l'opéra Ancien-Régime
qui s'invite, déjà bien marqué par
la grande réforme gluckiste. L'opéra post-révolutionnaire
est bien représenté lui aussi, avec notamment
l'ouverture de la Médée
de Cherubini et surtout la grande scène
d'Ina extraite de l'Ariodant
de Méhul, véritable révélation
de ce concert. On retrouve cette esthétique mi-classique
mi-romantique avec le récit et l'air d'Andromaque
de l'Astyanax de
Kreutzer, autrefois écrit à l'intention
de la légendaire Mlle Maillard. La deuxième
partie du concert s'enfonce plus avant dans le dix-neuvième
siècle, permettant d'entendre des airs plus connus
comme le célèbre « Ah mon fils »
de Fidès, manifestement donné dans la tessiture
de Rosina Stolz plutôt que dans celle de Pauline
Viardot, la créatrice du rôle. Le programme
permet également d'entendre la scène de
la mort de Didon extraite des Troyens,
ou encore l'air d'Elisabeth au dernier acte de Don
Carlos, donné, comme il se devait dans
un tel contexte, dans la version française originale.
Dans
tous ces rôles, Véronique Gens sait se montrer
magistrale de ligne, de couleurs et de discipline vocale.
Si la tessiture plutôt centrale de son instrument
lui permet d'aborder sans problème des rôles
habituellement dévolus aux voix intermédiaires
(Iphigénie, Didon…), son soprano naturel sait aussi
se montrer brillant, comme cela est le cas avec l'Elisabeth
de Don Carlos ou
avec la Catherine d'Aragon de l'Henri
VIII de Saint-Saëns, dont l'air « Je
ne te reverrai jamais » est donné en
deuxième bis.
Faut-il
voir dans ce programme de nouvelles orientations de carrière
pour notre baroqueuse nationale ? Si Véronique
Gens, qui a déjà chanté à
plusieurs reprises l'Alice Ford de Falstaff,
a montré au public de Nantes qu'elle pouvait être
une verdienne hors-pair, c'est à présent
en Desdémone qu'on l'espère. Et si la voix
n'a pas, et de loin, le volume de celle de sa grande devancière
Régine Crespin, c'est bel et bien à cette
dernière que Gens fait penser par l'assurance de
son médium, par l'élégance de son
chant et la noblesse de ses phrasés, sans oublier
évidemment le chic de la diction. Irait-elle, avec
ce médium chaud et rond, cette belle assise dans
le grave et cet aigu percutant, jusqu'à chanter
la Léonore de Fidelio
? Avec Christophe Rousset et Les Talens Lyriques,
cela paraîtrait presque possible…
En
de tels artistes, Véronique Gens semble en effet
avoir trouvé les partenaires idéaux. Si
Rousset est à tout moment parfaitement attentif
aux respirations de sa soliste, il sait également
insuffler à ses instrumentistes la passion et la
tension contenues qui conviennent à ces airs. Détaillées
avec cette minutie d'orfèvre, les pages les plus
connues, notamment celles de Don
Carlos, Les
Troyens ou Le Prophète
révèlent à tout moment des
beautés insoupçonnées. Une fois encore,
ce concert aura apporté la preuve que la redécouverte
de la musique baroque aura également permis de
réentendre et de redécouvrir, avec de nouvelles
oreilles, de vastes pans du répertoire romantique.
Pierre
Degott
ResMusica
19-10-2011
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«
CAUCHEMARS ET PASSIONS »
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Monsigny,
Le Roi et le Fermier (en anglais) |
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![William Sharp as Richard and Thomas Dolié as Rustaut [Photo by Louis Forget courtesy of Opera Lafayette]](images/clip_image001_018.gif)
William
Sharp as Richard and Thomas Dolié as Rustaut
Le
Roi et le Fermier
A
year or two back, Opera Lafayette, the Washington-based
company that specializes in eighteenth-century obscurités
françaises , presented Pierre-Alexandre
Monsigny's Le Magnifique ,
an opéra-comique about
a race horse.
Pierre-Alexandre
Monsigny: Le Roi et le Fermier
Jenny:
Dominique Labelle; Betsy: Yulia Van Doren; La Mère:
Delores Ziegler; Le Roi: Thomas Michael Allen; Lurewel:
Jeffrey Thompson; Richard: William Sharp; Rustaut: Thomas
Dolié; Charlot: David Newman. Opera
Lafayette, conducted by Ryan Brown, at the Rose Theater.
Performance of January 26.
Opéra-comique
began its long and significant existence as a sort of
French opera buffa, with less grandeur in the musical
requirements and spoken dialogue instead of sung recitative
between numbers. Over the years this mixed genre evolved
in many interesting ways, not always comical: Carmen began
life as an opéra-comique.

Jeffrey Thompson
as Lurewel
Le
Magnifique
had pretty tunes but the presentation was undermined by
two insurmountable problems: English plot summaries spoken
between musical selections (instead of the original French
dialogue) and a title character who never appeared on
stage—horses don't sing much in opera, even opéra-comique.
Le Magnifique proved a great
disappointment considering the company's excellent track
record without horses, but
how do you solve the dialogue problem if the piece is
not in the local language and you are unwilling to trust
your singers as actors?
The
company's music director, Ryan Brown, evidently has a
passion for the once-chic Monsigny, however, and this
year (its 250th anniversary) he chose to give the composer's
1762 opus, Le Roi et le Fermier.
This piece has a simpler plot, drawn from an English play,
and both title characters (king and farmer) appear on
stage and even sing. Furthermore, Le
Roi had legendary legs: A hit not only in Paris
but in Vienna and St. Petersburg, Le
Roi et le Fermier was revived in 1780 at the theater
at the chateau of Versailles in a production designed
for, and starring, Marie Antoinette, who sang the role
of the put-upon Jenny, a virtuous farm girl besieged by
a nasty milord. The queen's brother-in-law, the future
King Charles X, sang the not inappropriate role of a dim
but valiant gamekeeper. The show was often given for a
few years, before an audience as select as the cast to
be sure, and—miracle of miracles!—the sets have survived,
have been refurbished, and will be in use again later
this winter—for Opera Lafayette's French debut. So New
York's Rose Theater at Columbus Circle became, in effect,
the site of the out-of-town try-out (without sets).

Dominique
Labelle as Jenny, William Sharp as Richard and Thomas
Michael Allen as Le Roi
The
plot is brief, basic, obvious, wry: The king (incognito)
is lost in Sherwood Forest in a storm. A kindly farmer
invites him to dinner. The king thus encounters honest
subjects first hand, learning that the farmer's fiancée's
dowry (a flock of sheep) has been stolen by the lustful
milord. Meanwhile, the milord (his name is Lurewel, which
must have been funnier in the original English), also
lost in the woods, has been discovered by gamekeepers
who think he's a poacher. Brought to book, he recognizes
the king, who then punishes him and ennobles the farmer—who
rejects the title for the false tinsel it is. Kings reaching
over the heads of the nobility to befriend ordinary folk
was a theme very much in the air, though Louis XVI seems
to have missed the point. Too bad; he'd have been good
at it.
All
this may seem artificial (is the average Western much
better? The Good, the Bad and the
Royal ?), and Opera Lafayette rolled with it: Welcome,
total artifice, so long as it is done with style. Didier
Rousselet's witty staging in projected sets (a wonderful
dark forest) included silent movie bustle, mugging and
mime, foolish costumes—it's dark in that hut but would
a king remain incognito in a jeweled silk waistcoat?—and
a pair of intrusive but chic French narrators to speak
the dialogue between the musical numbers, standing behind
or beside the close-mouthed singers. One got used to this;
it seemed part and parcel of the artifice.
The
score is tuneful and rewardingly clever with very simple
means: A duet for loutish baritone gamekeepers is followed
by another for two foolish tenor fops, and then, since
they are all lost in the same wood, have a quartet, devised
by repeating the duets simultaneously! The three women
in the cottage with their separate concerns (worried bride,
puzzled mother, chattering child) become a lovely trio
of contrasting vocal lines over a common melody in the
orchestra. Simple ideas, these, but effective and, in
the voices of an accomplished cast, delicious. Monsigny's
orchestration is lively and witty (a pre-Rossini storm,
galloping horns for the king's hunt, tinkling bells whenever
money is mentioned), but his music is really not strong
enough to carry the occasion on its own. The original
run had singing actors not acting singers. Le
Roi was probably known to—and inspired—Gluck,
Mozart, Paisiello, even Beethoven and Rossini, but they
each outdid their model. But it passed a charming evening,
displaying another piece of the puzzle of how composers
learned to use musical forms to dramatic effect, and how
this blossomed into later, more elaborate opera. Marie
Antoinette had her faults, but no one denies she had taste.

Scene
from Le Roi et le Fermier
The
Opera Lafayette cast sang French so well one was puzzled
anew at their not being trusted to speak the dialogue
as well. But many of these singers, who have impressed
me on other occasions, in other halls, in far more difficult
music (Handel, for example) seemed to lack bottoms to
their voices in the Rose Theater. Does the hall cut off
the lower notes (I sat in Row H) or were they not fully
in command of their parts yet? Or did they underestimate
the task required of them? Monsigny does not call for
grand opera accomplishments and the ranges are smaller
than Rameau or Gluck would demand, but miscalculation
was in the air.
Dominique
Labelle, in Marie Antoinette's role of Jenny the shepherdess,
was a case in point. Stunning as Handel's Angelica in
last summer's Mostly Mozart Orlando
, she had little use on this occasion for high
notes or ornamentation, and her upper register was lovely—but
low notes faded out. Her farmer, baritone William Sharp,
was a suitable match for he suffered from the same defect:
good phrasing, forthright mime, and a lower register that
faded like woodland fog. They warmed up, but we did not
warm to them.
The
opera's vocal bravado was given, as politics and tradition
demanded, to its rankiest character, the King, tenor Thomas
Michael Allen, obliged to sing of the glories of heroic
battle because this is a fairy tale and the king must
be brave as well as magnanimous. He did not have the serious
grandeur, the glitter in alt that one might have hoped
for in a monarch, and like the farmer hosts who insist
that he sing for his supper, we were obliged to be indulgent.
Smaller
roles were more happily filled. Yulia Van Doren, in stiff
pigtails to symbolize her character's age (fourteen),
sang her little chanson deliciously
(she's kissed the king and been slapped by her mother)
and made a convincing mime of childishness. Delores Ziegler
held down the mother's contralto lines well in the exquisite
trio. The noble nitwits (who wears court wigs and satin
in the woods?) were Jeffrey Thompson and Tony Boutté;
the bluff and foolish deputies who arrest them (Charles
X's part) were Thomas Dolié and Jeffrey Newman,
singing with great sturdiness. The Opera Lafayette orchestra
was small but effective, making all Montigny's delicate
points with grace and Gallic lightness.
John
Yohalem
Opera
Today
31
Jan 2012
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Le
Concours du prix de Rome de musique (1803-1968).
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Julia
Lu et Alexandre Dratwicki (éd.), Le
Concours du prix de Rome de musique (1803-1968).
Lyon, Symétrie & Palazzetto Bru Zane, 2011,
1024 p. Coll. « Perpetuum mobile ». 140 €
Contient
: Le cas Berlioz.
Olivier
Vogel, Le concours du prix de Rome de 1827.
David
Charlton, Quelques nouvelles observations sur Herminie
de Berlioz (1828).
Matthias
Brzoska, Cléopâtre
de Berlioz (1829)
et la transgression harmonique.
Julian
Rushton, Chanter Cléopâtre
ou pourquoi
Berlioz échoua au prix de Rome en 1829.
Alban
Ramaut, « Rome n'est plus dans Rome ». Berlioz
et les institutions, pour un état des lieux.
Résultat
d'une collaboration entre Symétrie et le Palazzetto
Bru Zane, cet ouvrage colossal – 904 pages, 1895 grammes
– aborde le Concours du prix de Rome de musique, dont
bon nombre de mélomanes ont sans doute déjà
entendu parler, ne fût-ce que dans les biographies,
sans pour autant en connaître l'histoire, le fonctionnement,
l'évolution, l'enjeu ou encore l'influence sur
le style des compositeurs français. Qu'en retiennent-ils,
si ce n'est son académisme, dénoncé
avec force sarcasmes par Berlioz puis Debussy, eux-mêmes
lauréats, ou le manque de clairvoyance et d'audace
du jury? Cette publication vient donc bien à point
pour remettre les pendules à l'heure et replacer
le prix à sa juste place dans le paysage musical
français.
Julia Lu et Alexandre Dratwicki, directeur scientifique
du Palazzetto Bru Zane et ancien pensionnaire de la villa
Médicis, coordonnent une équipe de trente-deux
chercheurs dont les contributions se répartissent
en cinq parties, dont une consacrée au «cas
Berlioz», précédées d'une introduction
et d'un bref historique à lire de préférence
avant d'aborder la suite au gré de ses centres
d'intérêt et dans l'ordre souhaité.
Il s'agit sans doute de la façon la plus judicieuse
d'aborder une matière aussi vaste, pourquoi pas
en fonction de l'opportunité qu'offrent le concert,
la radio et le disque d'écouter ces fameuses cantates
dont la plupart restent à découvrir – Glossa
y consacre actuellement une collection. Si un nombre
significatif de grands compositeurs remportèrent
le prix, la plupart des lauréats sont fort peu
joués de nos jours, voire oubliés, probablement
à tort pour certains. Le prix n'offrait en effet
aucune garantie de succès au retour de la Ville
éternelle – n'est pas Bizet, Massenet ou Debussy
qui veut.
La lecture de cet ouvrage permet de comprendre l'évolution
du concours en fonction de la pédagogie, de l'esthétique
en vigueur et même de la politique. Contrairement
à une idée reçue, le jury s'attacha
à récompenser l'inspiration des lauréats
et ne se concentrait pas uniquement sur la maîtrise
technique et, plus prosaïquement, le potentiel du
premier prix à percer à l'opéra –
une des raisons de maintenir l'épreuve décisive
de la cantate, genre a priori désuet,
au contraire, par exemples, de la symphonie et du quatuor.
Bien sûr, pour décrocher la suprême
récompense, et par conséquent le sésame
pour séjourner à Rome, des candidats adoptèrent,
pour certains volontairement, un langage susceptible d'attirer
les bonnes grâces des évaluateurs mais les
plus talentueux n'étouffèrent pas pour autant
leur créativité. Des analyses comparatives
de cantates, concurrentes ou composée par un même
compositeur au fil des années, invitent à
nuancer le reproche d'académisme formulé
à l'encontre du prix de Rome.
Cette importante publication, à l'écriture
rigoureuse et limpide, confronte la «grande»
et la «petite» histoire du prix de Rome et
regorge jusqu'à plus soif de témoignages,
d'anecdotes, de détails, parfois savoureux. L'appareil
éditorial est à l'avenant (exemples musicaux,
cahiers d'illustrations, palmarès complet, avec
nom des lauréats et des librettistes, bibliographie,
index des œuvres et des personnes) et justifie à
lui seul la présence de ce livre sans équivalent
dans les universités et les conservatoires. Celui-ci
s'avère également indispensable, malgré
son coût, pour les passionnés de musique
française qui vivront intensément plus de
cent cinquante ans de son histoire en l'abordant sous
un angle particulier. Un regret ? Celui d'en savoir aussi
peu sur le séjour à la villa Médicis
– duquel la Correspondance romaine de Pierné,
précédemment éditée elle aussi
par Symétrie , donnent toutefois déjà
un savoureux aperçu – et les «envois de Rome»,
qui pourraient faire l'objet, du moins faut-il l'espérer,
d'un second volume.
Sébastien Foucart
ConcertoNet
6-1-2012
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Présence
du XVIIIe siècle dans l'opéra du XIXe siècle
d'Adam à Massenet |
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Jean-Christophe
Branger, Vincent Giroud (éd.),
Présence du XVIIIe siècle dans
l'opéra du XIXe siècle d'Adam à Massenet.
Saint-Étienne, Publications de l'Université
de Saint-Étienne, 2011, 490 p. € 30
Du
Toréador (1849) d'Adam à la Manon
(1884) de Massenet, le XVIIIe siècle a imprégné
durablement l'opéra en France au cours du siècle
suivant. Fruit d'un colloque international qui s'est tenu
à l'Opéra Théâtre de Saint-Étienne
en novembre 2009, dans le cadre du Xe festival Massenet,
ce volume analyse diverses formes que cette influence a
pu prendre dans la conception ou la mise en scène
de certaines œuvres plus ou moins connues aujourd'hui :
rencontre de Haydn et Porpora sur la scène de l'Opéra-Comique,
réactions contrastées chez Berlioz ou culte
de Mozart chez Gounod, hommage au théâtre de
la Foire dans Le Toréador ou de la commedia
dell'arte dans les opéras-comiques de Poise, thèmes
dix-huitiémistes chez Offenbach ou Delibes, parodie
de l'opera seria chez Poniatowski, opéras inspirés
par la Révolution française sous la Troisième
République, réinvention du personnage de page
travesti dans le Chérubin de Massenet, redécouverte
de Rameau à l'orée du XXe siècle, les
exemples examinés par les historiens et musicologues
réunis dans ce livre témoignent d'une fascination
qui se perpétue après la Première Guerre
mondiale avec le mouvement néoclassique dans lequel
s'engage Stravinsky notamment.
Contient :
Alban
Ramaut, Le «
salon
des refusés
»
d'Hector Berlioz
Charlotte
Loriot, Béatrice et Bénédict :
classicisme, pastiche du XVIIIe
siècle ou distanciation ironique ?
Julien
Garde, Berlioz et Gluck : la reprise d'Orphée
en 1859 |
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Musique
symphonique à Lille. La symphonie dans la cité
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Guy
Gosselin, Musique symphonique à Lille.
La symphonie dans la cité. Paris, Vrin,
2012, 480 p. + 40 ill. Coll. « MusicologieS ».
€ 48
Tout
au long du XIXe siècle, la place accordée
à la pratique musicale collective dans le nord de
la France et notamment à Lille est considérable.
Toutefois aucun ouvrage jusqu'à présent n'avait
encore été consacré à l'un de
ses aspects les plus spécifiques, à savoir
l'engouement exceptionnel des auditeurs et des musiciens
eux-mêmes pour le concert symphonique. Des festivals
grandioses où brillent des interprètes renommés
et des compositeurs tels que Berlioz ; des sociétés
dynamiques à même de créer plus d'un
chef-d'œuvre avant Paris ; de grands ensembles que dirigent
tantôt un Alfred Cortot, tantôt l'une des premières
femmes chef d'orchestre, constituent autant de précieux
témoignages qui, le siècle durant, confèrent
à la ville son surnom bien mérité :
« Lille, la mélomane ».
Dans
une cité douée d'une intense vie politique
et économique, l'analyse d'une des formes essentielles
de sociabilité démontre le lien profond et
permanent qui unit les pratiques symphoniques aux représentants
des milieux industriels. La passionnante découverte
de toute une richesse insoupçonnée
s'offre alors au musicologue, au musicien ou au mélomane
pour qui l'apport de riches illustrations agrémente
encore la lecture. |
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Sommaire
du dernier Bulletin de l'Association |
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BULLETIN
DE LIAISON
N°
45
Janvier
2011
Sommaire
Le
Mot du Président
Compte
rendu de l'Assemblée Générale
Berlioz,
Glinka et les Russes
Au
souvenir de Camille Pal
Calendrier
de concerts
Comptes
rendus de concerts
L'Enfance
du Christ à
Lyon
Rumeurs
à
l'Opéra-Comique
Nouveau
Festival Berlioz, an II
Une
soirée étonnante
Discographie
Vidéographie
Bibliographie
Compte
rendu bibliographique
Mémoires
(Éditions
Symétrie)
Divers
Patrimoine
musical en France |
| |
|
| |
Au
sommaire du dernier bulletin de la Berlioz Society
|
| |
The
Berlioz Society Bulletin, 187 (December 2011)
Editorial
Catherine
Massip : Pierre Citron (1919-2010)
Pepijn
van Doesberg : Harriet Smithson in Amsterdam
Ian
Ritchie : In Quest of Beauty
Gunther
Braam : Admiration or Damnation? A
review of the reception in Germany of early performances
of La Damnation de Faust
(continued)
The
Damnation :
a view from Manchester
Antoine
Troncy : Musée Hector Berlioz acquires
important legacy
Christopher
Follett : Berlioz and John Martin: Visions
of the Apocalypse in Music and Painting
Michel
Austin : Symphonie fantastique,
Tristia, Scottish Chamber Orchestra, October
2011
David
Cairns : Miscellany
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André
Lischke, La Musique en Russie depuis 1850
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La
Folle Journée nantaise 2012
dévoile le foisonnement musical russe, depuis 1850.
Comme chaque année, Fayard édite un livre
synthétique sur le sujet retenu, véritable
bible et guide de la Folle Journée (intitulé
de la thématique 2012: «le
sacre russe»!).
André
Lischke est le spécialiste de ce domaine, et biographe
pertinent de Tchaïkovski (il a édité
chez Fayard la correspondance du compositeur, l'une des
plus passionnantes à lire... au regard de la complexité
secrète de la personnalité du compositeur,
au regard de sa relation non moins ambivalente entre haine
et fascination avec son principal mécène,
Nedja Meck jusqu'en 1889). L'auteur identifie les composantes
spécifiques de la musique russe, tout en restituant
les particularités de chaque écriture; la
panorama couvre la période concernée: romantisme
et postromantisme..., allant du groupe des Cinq (Borodine,
Cui, Balakirev, Rimski-Korsakov et Moussorgski) à
Tchaïkovski à Chostakovitch. Mais pas uniquement
(figurent entre autres également, aux côtés
des «géants» romantiques: Sofia Goubaïdoulina
ou Alfred Schnittke).
Compositeurs russes, d'hier et d'aujourd'hui
Les bouleversements esthétiques dont le renouvellement
du langage musical propre au début du XXe siècle),
les avatars politiques (guerre mondiale et révolution)
imposent leurs rythmes propres à l'émergence
des personnalités musicales en Russie. Face aux
événements troublés qui font rupture,
les choix des compositeurs peuvent être radicaux:
l'exil (Rachmaninov, Stravinsky) ou la résistance
passive (voire la dissimulation non dépourvue d'angoisse
et d'inquiétude (Chostakovitch); certains s'expatrient
puis reviennent, succombant aux sirènes du régime
communiste (Prokofiev) ...
En couverture, le décor d'Alexandre Benois
pour Pétrouchka de Stravinsky
A
l'intérieur, le texte dense et clair, récapitule
l'épopée musicale russe en un triptyque
éloquent: apogée, éclatement puis
reconstruction... la publication s'offre comme un guide
de synthèse pour ne rien manquer des étapes
majeures d'une histoire complexe et foisonnante, qui raconte
aussi les métamorphoses du romantisme à
l'heure des nationalismes affrontés et du communisme.
La culture et en particulier la musique, après
l'ère impériale, subit de plein fouet le
virage du totalitarisme où les arts sont muselés
et restructurés en moyens de propagande. C'est
aussi après la période poststalinienne,
l'essor de la perestroïka... Plus récemment,
se distingue l'apport spécifique des compositeurs
modernes et contemporains tel Edison Denissov (mort en
1996), mais aussi Sofia Goubaïdoulina ou Rodion Chtchedrine,
ces deux derniers nés au début des années
1930...
Adrien
De Vries
classiquenews
11-1-2012
André Lischke. La Musique en Russie
depuis 1850. Paris, Fayard,
2012, 250 p. Prix public TTC : 14,00 €. Code ISBN
/ EAN : 9782213666419 / Hachette : 3630779. Format (120
x 180).
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LES
COLLOQUES DE L'OPÉRA-COMIQUE DE LA SAISON 2011-2012
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Le
grand opéra : un genre et un modèle
3
et 4 avril
http://www.opera-comique.com/fr/la-muete-de-portici/colloque---le-grand-opera--un-genre-et-un-modele.html
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ACTUALITÉS
DU PALAZZETTO BRU ZANE
Centre de musique romantique française
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PATRIMOINE
MUSICAL EN FRANCE |
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Saison
2011-2012 à l'Opéra-Comique
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La
Muette de Portici
http://www.opera-comique.com/fr/la-muete-de-portici/la-muette-de-portici.html
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Les
Pêcheurs de perles
http://www.opera-comique.com/fr/les-pecheurs-de-perles/les-pecheurs-de-perles.html
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©
2011 Association nationale Hector Berlioz
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